Georges

Georges

mardi 13 février 2018

11022018

Sortir de la boucle comme le hamster sort de sa roue. Épier les amoureux aux yeux bouffis, qui mangent le même croissant, qui sont là sans être là. Échanger quelques mots avec des inconnu.e.s, se souhaiter une bonne journée et sourire tant et si bien. Faire des politesses, s'excuser un peu, et puis s'excuser de s'être excusée, pour faire simple. Écouter Chantal Akerman : il n'y a rien à dire disait ma mère, et c'est sur ce rien que je travaille. Fin de citation. Aimer le rien, chérir le vide. Remplir à tout prix, remplir coûte que coûte, bon. Pour quoi faire? Regarder encore les autres, ceux qui parlent entre eux, dont la légèreté éclabousse. La réverbération de leurs conversations. Ils parlent gaiement, te font du bouche à bouche, ils ne s'en rendent pas compte. Ils prennent tes constantes. Ils réussissent, ils réhabilitent le vide. Il n'y a rien à dire donc, et c'est sur ce rien que je travaille. Remettre son manteau dans un mouvement fantasque, comme un geste d'humeur. Se voir faire et faire quand même. C'est sur ce rien que je travaille.


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