Georges

Georges

samedi 22 juillet 2017

2015 // 2017 NOTES

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Je me dispute, j'insiste, je suis lourde de mes doutes, sans véritable drame.
Je ne suis pas même malade. Déni de dépression et joie de vivre surjouée.  .
Je laisse mes nerfs sur le site caf.fr parce que le remplissage de cases est ma phobie avérée.
Je perds mes nerfs quand on me veut du bien d'une façon qui me fait mal.
J'embrase mes nerfs à coup de provocations puériles.
Je vois un nerfs de bœuf qui me flagelle. Je vois mon énergie déployée à mauvais escient.
Le feu que je retourne contre moi.
La paix que je me refuse. La paix que je me dois.
Je laisse mes nerfs sur l'oreiller à côté de moi, je les expulse, mes nerfs pulvérisés.
Je regarde le crayon khol aquarellé sur la taie d'oreiller Ikea. Rorschach foireux, traits tremblotants qui ne racontent rien de spécial. 
Tout au plus une histoire de honte.


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Principalement, en choeur, nous pleurons tous des morts plus ou moins proches. On se noie dans des flaques de larmes en se regardant avec amour. On tend une main vers l'autre, on lui caresse le bras avec les yeux qui tombent. On voudrait dans un élan gamin arracher au monde toutes ces mauvaises nouvelles qui mûrissent dans son ventre mou. Celles qui nous tirent les traits, qui nous creusent. 

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- Le genre à sourire quand elle se brûle. La vie lui à donner un homme riche et repris tout le reste. Elle est restée la même mais elle a appris à se mentir. Désormais c'est dans des sacs en papier naturalia qu'elle étouffe ses angoisses. Elle a au moins upgrader un pan de sa vie, celui de la consommation. Elle consomme comme c'est pas permis. Elle bouffe bio sans savoir respecter les saisons. Le comble de l'embourgeoisement c'est la connerie qui va avec. Tu manges des tomates en février mais t'as toujours la bouche ouverte pour faire la moral à qui se permettrait d'acheter deux pommes à l'aldi par pur souci d'économie.  Elle achète des pompes en triple pour être sûre. Sûre de quoi, on sait pas. Elle achète pour remplir le vide de son existence. Des merdes qu'elle accumule au cas où ça puisse servir un jour. Toute sa vie converge vers une certitude : elle se fait sacrément chier.

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J’ai traversé la France, sur les routes, j’ai collecté des souvenirs vagues. Des images saccadées à la persistance rétinienne diffuse. 
Transeuropéenne. Mon énergie consumée, je dodeline à l'arrière de la berline. Ma tête tombe d'un côté, de l'autre. Un sommeil sans rêve, en pointillés, irrésistible. La vallée roule sous mes yeux par épisodes. Les secousses me sortent du vague. J'ai des fourmis dans les cuisses et le cul engourdi. 

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Des vins rares en grande quantité. Des ivresses renouvelées chaque jour pour maintenir l’esprit dans la nébuleuse et prolonger le voyage immobile. Une perdition désirée et exaucée. 
Mes jambes serrées, mes muscles tendus vers toi, cherchant à t’arracher des cris. Les envies moites des heures chaudes d’Aout. Le flou vainqueur et le grésillement des neurones engourdies par les toxiques légaux remboursés par la sécu et le renfort des degrés d’alcool.
Les yeux révulsés, l’écran noir des paupières, l’assaut des flashs , les torrents de lave chaude, morsures, hématomes, la mélopée du corps avide dans l’aridité.  

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La peur irraisonnée du scolopendre dans la fleur de douche. 

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Un jour pas fait comme un autre, on saura de moi que je suis ni plus ni moins une fille amusante à l'oral bien que sinistre à l'écrit. Ce sera mon grand jour. 



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