Georges

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jeudi 4 mai 2017

Couffignal, Kane, Murakami

Le type en face de moi dans le tram porte un livre de Murakami (Haruki) dont une page est marquée. Il parle fort de son weekend idéal avec beaucoup de drogues et peu de sommeil. Même lorsqu'il chuchote, il chuchote plus fort que je gueule. C'est dire...
À en croire le marque page, il en est au 25eme du livre.
M'est avis que c'est un livre destiné à "faire genre", un livre qu'on trimbale pour attirer l'attention des uns, des autres, de tous.
Il explique à sa pote qu'il a enfin trouvé une salle de sport et qu'il déplore que les meufs s'y fassent salement mater.
Il ajoute : en même temps, une meuf qui fait des squats c'est chaud de pas mater hinhin

À ce moment j'arrête de l'écouter, je le laisse à ses considérations de puceau et retourne à mon Sarah Kane. C'est comme si j'avais percé à jour les failles de son total look poète, queue de cheval et fringues de daron. En même temps en 2017, le pantalon en velours avant 76 ans, c'est chaud.

Je tire cette conclusion, un peu consternée : le mec a sûrement plus promené son Murakami qu'il n'a encore roulé sa bosse. Mais bon, lorsqu'il descend à l'arrêt "Lycée Couffignal", je me dis que sans aucun doute, j'ai viré vieille conne.

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