Georges

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lundi 15 mai 2017

Macronomie

Avenue de Colmar, devant le crédit mutuel, un mec me fait de grands gestes que je ne parviens pas à interpréter vu que j'ai mon casque sur les oreilles. Je l'enlève pour écouter ce qu'il a à me dire. Dans un français hésitant il me demande un RIB en me tendant sa CB. 
Euh... Oui, on va regarder. Je lui rend sa carte sans même piger ce qu'elle fait dans ma main. 
Il l'insère et commence à me dicter le code là je fais un peu de pédagogie : on ne donne pas le code de sa CB ni à moi ni à personne, monsieur, attention. 
Je galère à trouver l'onglet pour le RiB. Je suis hyper gênée de voir tous ses comptes, 14000 balles sur le compte courant, ça va, beau gosse. 
- Monsieur, je ne trouve pas, l'agence va ouvrir demandez leur.
Il insiste alors j'alpague deux nanas derrière nous. L'une s'approche, on voit que c'est la curieuse, elle frôle l'apoplexie devant les comptes. 
Un - "Aaaaaah oui" lui échappe et je ris un peu. 

Je me barre au travail en souhaitant bonne chance à tout le monde. 

Après coup j'y repense : merde, on est sous Macron désormais, j'aurai pu facturer.

jeudi 4 mai 2017

Couffignal, Kane, Murakami

Le type en face de moi dans le tram porte un livre de Murakami (Haruki) dont une page est marquée. Il parle fort de son weekend idéal avec beaucoup de drogues et peu de sommeil. Même lorsqu'il chuchote, il chuchote plus fort que je gueule. C'est dire...
À en croire le marque page, il en est au 25eme du livre.
M'est avis que c'est un livre destiné à "faire genre", un livre qu'on trimbale pour attirer l'attention des uns, des autres, de tous.
Il explique à sa pote qu'il a enfin trouvé une salle de sport et qu'il déplore que les meufs s'y fassent salement mater.
Il ajoute : en même temps, une meuf qui fait des squats c'est chaud de pas mater hinhin

À ce moment j'arrête de l'écouter, je le laisse à ses considérations de puceau et retourne à mon Sarah Kane. C'est comme si j'avais percé à jour les failles de son total look poète, queue de cheval et fringues de daron. En même temps en 2017, le pantalon en velours avant 76 ans, c'est chaud.

Je tire cette conclusion, un peu consternée : le mec a sûrement plus promené son Murakami qu'il n'a encore roulé sa bosse. Mais bon, lorsqu'il descend à l'arrêt "Lycée Couffignal", je me dis que sans aucun doute, j'ai viré vieille conne.