Georges

Georges

samedi 16 septembre 2017

Easy Listing

Une accréditation pour être reporter officiel de l'automne.
Une baisse du cours de l'empathie.
Des remèdes avérés efficaces contre la misère intellectuelle.
Des embardées fantasmées.
Une mygale au plafond qui fascine et effraie.
La baisse des températures, de la sérotonine, de l'ocytocine, de la dopamine et que sais-je encore.
Le café par litre, robusta exclu.
Les attentes inassouvies, les attentes insoumises.
Les réveils avec une oreille tordue et les yeux embués cash.
Les réveils avec les mains qui tremblent et le corps tout entier qui frissonne de l'intérieur.
Les mains qui cherchent, les mains qui suintent, les mains finalement vides.
Les pieds d'argile, la gueule qu'on a le soir après une journée mythomane à jouer la comédie.
Tout va très bien, madame la marquise.
L'air frais sans pitié qui s'insinue partout.
Perdre son cool en pleine conscience.
Attraper la maladie de l'ennui.
Chercher les mots, flipper, taper, répondre à sa fantaisie d'écrire.
Avoir mille et une bonnes raisons de le faire.
N'en avoir aucune.
Se prendre pour quelqu'un, se la péter un peu.
Attendre des nouvelles, espérer qu'elles soient bonnes, rêver de se réjouir.
Rêver de rêver de se réjouir.
Faire la liste de ce qui va bien avec un rictus de satisfaction.
Construire sa tour d'ivoire, sa forteresse pour les heures froides qui se préparent.
Marcher des kilomètres dans un septembre pâle pour ne pas dire livide.
Trouver dans la grisaille des reflets argentés.
Voir le bien partout puis l'inverse, alternativement.
Attendre que ça passe parce qu'on sait bien que ça passe.
Ne pas céder à la panique et se neutraliser.
Épargner les oreilles volontaires des jérémiades.
Regretter d'échouer, ne pas s'en vouloir.
Marcher sur un fil : exceller
Valider la compétence funambule, aller du matin jusqu'au soir sans tomber.
Chancelante mais experte en pirouette, boucle piqué, salto et autres figures olympiques.
Transformer les désirs en décisions.
Préméditer des jours meilleurs qui dépassent l'entendement.
Côtoyer les joies extrêmes et les chagrins relatifs.
Perdre le rythme, la mesure.
Se rattraper aux branches qui se dénudent.
Renoncer à expliquer. 
Se refaire un café.
Avancer.











mardi 5 septembre 2017

SEPTEMBRE

Des cernes violacées sont apparus sous le lac gris de tes yeux. Tu ne sais si la fatigue, ton hygiène de vie ou tes caractéristiques génétiques en sont la cause. La combinaison des trois. Tu les regardes avec tendresse. C'est ce regard que tu révises, celui d'une affection discrète portée sur des défauts. parce que merde, les gens sont assez nombreux à nous trouver défectueux, mal gaulés, fatigués. Autant apprendre à se faire quelques compliments pendant qu'ailleurs on nous chie sur la gueule. 

La lumière te crible de ses éclaboussures d'or. Tu es comme un oiseau volant sous des branchages etroitement imbriqués. Tu es comme un oiseau qui rêve qu'il est devenu une fille qui ecrit dans un compartiment de train, avec deux autres filles qui nagent la tête sous l'eau claire de leur monde. L'une d'elle a un portable grand comme une luge habillé d'une coque rose. Elle porte des chaussures ouvertes, couleur corail. Les ongles de ses orteils ne sont pas peints alors que le reste de sa mise est impeccable. Elle te surprend à mettre son pouce dans sa bouche et à se caresser les ailes du nez avec une lanière noire, comme un ruban satiné. Ses yeux se perdent, elle est bercée, vulnérable, légèrement adorable. L'autre a la tête lourdement posée sur sa main et le visage incendié par le soleil. Elle chante sans le son, elle s’éclate en mute sur la musique. Au concours de la fille la mieux habillée, tu perdrais surement dans tes vêtements sombres et ta veste de l'armée allemande 1980. L'automne caméléon étale ses perspectives quand tu jettes ton regard après septembre. Les evidences changent et deviennent des tasses de thé fumantes, des étoles qui tiennent tes mots au chaud, des forêts roussies et des nuits moelleuses. Tu changes la cartouche de diapos, ton imagerie, tes réflexes. Peu à peu, les orteils des filles vont disparaître dans des bottes, leurs jambes vont se galber dans des collants.


Un jour différent, tu écoutes une chanson réputée pathétique et elle te nique en deux. ça t’attrape les viscères et te montent aux yeux.

Il se peut que ce soit un jour spécial de ton cycle, genre le premier jour de règle où tout est insipide.

Tu thésaurises des photos mignonnes de petits animaux. Une collection pour claquer des dents devant ton écran qui va des loutres qui dérivent main dans la main au chiot pit bull qui roule sur lui même en passant par toutes sortes de niaiserie qui rendent service à l'aigreur et font de l'ennui un espace de confort aussi douillet qu'un lit.

Un autre jour encore, tu avances, portée par les mouvements consécutifs. Toujours les même, on balance un pied après l'autre et c'est bien plus qu'un déplacement. Le soleil est frais, ton air évaporé, tes muscles chauds qui t'emportent loin. Là où tu ne sais pas bien si on a besoin / envie de ta présence discrète. Tu observes, attablée à une terrasse de café. Tu écris, c'est ta nécessité. Tu te tutoies parce que c'est plus simple pour tout le monde. C'est la règle du jeu. 






samedi 5 août 2017

FRAGMENTS //


*** Le mec me demande si je suis mariée et si j'ai des enfants.
Il sépare les deux questions mais pas assez pour me laisser répondre entre chacune d'elle.
Alors que je réponds non et non, il fait une moue discrète mais que je remarque malgré tout.
Il me regarde comme on regarde un toast esseulé dont personne n'a voulu qui se fait des croûtes dans un plat trop grand.
J'ai envie de lui cracher au visage. Je souris pour ne pas perdre la face et me sens obligée de dire : Mec, qui se marie encore?
Plus tard, je me demande ce que ce doit être de te voir proposer l'éternité, une adhésion totale à toutes les composantes de ton corps et ton esprit. Fais ton truc, je serai là quoi qu'il arrive. Tu me prendras la tête avec des crises à la con mais je passerai l'éponge parce que nous nous sommes échangés des bagues... l'absolu. Je me perds dans mille considérations. 
J'ai peur de finir comme un vieux toast à croûte des fois. 

Quand il se barre enfin, comprenant que je n'en dirai pas davantage, je me dis que c'était mieux avant, quand les inconnus en restaient aux questions faciles, genre : "T'as pas du feu?" et "quelle heure est-il?"

*** Je n'aime pas les vacances, je n'aime pas vaquer, le concept de vacuité m'est étranger. 

*** Je fends l'air chaud à une vitesse trop rapide pour être honnête. Je marche comme on cavale. Je ne sais plus où j'ai laissé mon cheval. Je pense aux duels perdus, aux sprints gagnés, à la combativité. Je pense à diluer l'absolu dans le tendre. 

*** On doit m'adresser une photocopie recto/verso quasi quotidienne de son cœur afin que je me rassure sur la place que j'y prends. La découpe nette de ma silhouette s'y promenant sans faire forte impression. Le besoin de consolation qui fout un peu la honte, quand il faut qu'on te hurle ton importance. Parce que les ami.e.S sont si loin, que les regards ne se croisent plus que très rarement et que mon coeur est un glouton.  

*** L'alcool = Penthotal. ça sort de tous les bouts les petits trucs qu'on s'appliquait à dissimuler derrière des postures. La vérité qui gicle d'un coup. Et la promesse, toujours la même, de ne plus jamais boire qui devient une plaisanterie qui a assez duré.   

*** Je noircis des carnets, j'y écris sans soin, je rature, je biffe, je tâche. Mes cendres tombent sur les pages, tout comme les gouttes de café. Je fais des essais de stylo, je bâcle, je reviens sur mes dires, je me cache même plus pour le faire. J'écris dans les bars,dans les parcs, j'écris pour écrire, pour délier les noeuds, pour aplanir, comme si j'essayais d'aplanir la carte de mon cerveau toute froissée, posée sur le capot brûlant d'une caisse. Pour trouver ma route, au moins un début de piste. j'écris parce que c'est ma seule certitude. 

*** Redevenir la fille qui écrit pour me consoler d'être la fille qui attend. 


samedi 22 juillet 2017

2015 // 2017 NOTES

****
Je me dispute, j'insiste, je suis lourde de mes doutes, sans véritable drame.
Je ne suis pas même malade. Déni de dépression et joie de vivre surjouée.  .
Je laisse mes nerfs sur le site caf.fr parce que le remplissage de cases est ma phobie avérée.
Je perds mes nerfs quand on me veut du bien d'une façon qui me fait mal.
J'embrase mes nerfs à coup de provocations puériles.
Je vois un nerfs de bœuf qui me flagelle. Je vois mon énergie déployée à mauvais escient.
Le feu que je retourne contre moi.
La paix que je me refuse. La paix que je me dois.
Je laisse mes nerfs sur l'oreiller à côté de moi, je les expulse, mes nerfs pulvérisés.
Je regarde le crayon khol aquarellé sur la taie d'oreiller Ikea. Rorschach foireux, traits tremblotants qui ne racontent rien de spécial. 
Tout au plus une histoire de honte.


****
Principalement, en choeur, nous pleurons tous des morts plus ou moins proches. On se noie dans des flaques de larmes en se regardant avec amour. On tend une main vers l'autre, on lui caresse le bras avec les yeux qui tombent. On voudrait dans un élan gamin arracher au monde toutes ces mauvaises nouvelles qui mûrissent dans son ventre mou. Celles qui nous tirent les traits, qui nous creusent. 

****
- Le genre à sourire quand elle se brûle. La vie lui à donner un homme riche et repris tout le reste. Elle est restée la même mais elle a appris à se mentir. Désormais c'est dans des sacs en papier naturalia qu'elle étouffe ses angoisses. Elle a au moins upgrader un pan de sa vie, celui de la consommation. Elle consomme comme c'est pas permis. Elle bouffe bio sans savoir respecter les saisons. Le comble de l'embourgeoisement c'est la connerie qui va avec. Tu manges des tomates en février mais t'as toujours la bouche ouverte pour faire la moral à qui se permettrait d'acheter deux pommes à l'aldi par pur souci d'économie.  Elle achète des pompes en triple pour être sûre. Sûre de quoi, on sait pas. Elle achète pour remplir le vide de son existence. Des merdes qu'elle accumule au cas où ça puisse servir un jour. Toute sa vie converge vers une certitude : elle se fait sacrément chier.

****
J’ai traversé la France, sur les routes, j’ai collecté des souvenirs vagues. Des images saccadées à la persistance rétinienne diffuse. 
Transeuropéenne. Mon énergie consumée, je dodeline à l'arrière de la berline. Ma tête tombe d'un côté, de l'autre. Un sommeil sans rêve, en pointillés, irrésistible. La vallée roule sous mes yeux par épisodes. Les secousses me sortent du vague. J'ai des fourmis dans les cuisses et le cul engourdi. 

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Des vins rares en grande quantité. Des ivresses renouvelées chaque jour pour maintenir l’esprit dans la nébuleuse et prolonger le voyage immobile. Une perdition désirée et exaucée. 
Mes jambes serrées, mes muscles tendus vers toi, cherchant à t’arracher des cris. Les envies moites des heures chaudes d’Aout. Le flou vainqueur et le grésillement des neurones engourdies par les toxiques légaux remboursés par la sécu et le renfort des degrés d’alcool.
Les yeux révulsés, l’écran noir des paupières, l’assaut des flashs , les torrents de lave chaude, morsures, hématomes, la mélopée du corps avide dans l’aridité.  

****

La peur irraisonnée du scolopendre dans la fleur de douche. 

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Un jour pas fait comme un autre, on saura de moi que je suis ni plus ni moins une fille amusante à l'oral bien que sinistre à l'écrit. Ce sera mon grand jour. 



lundi 15 mai 2017

Macronomie

Avenue de Colmar, devant le crédit mutuel, un mec me fait de grands gestes que je ne parviens pas à interpréter vu que j'ai mon casque sur les oreilles. Je l'enlève pour écouter ce qu'il a à me dire. Dans un français hésitant il me demande un RIB en me tendant sa CB. 
Euh... Oui, on va regarder. Je lui rend sa carte sans même piger ce qu'elle fait dans ma main. 
Il l'insère et commence à me dicter le code là je fais un peu de pédagogie : on ne donne pas le code de sa CB ni à moi ni à personne, monsieur, attention. 
Je galère à trouver l'onglet pour le RiB. Je suis hyper gênée de voir tous ses comptes, 14000 balles sur le compte courant, ça va, beau gosse. 
- Monsieur, je ne trouve pas, l'agence va ouvrir demandez leur.
Il insiste alors j'alpague deux nanas derrière nous. L'une s'approche, on voit que c'est la curieuse, elle frôle l'apoplexie devant les comptes. 
Un - "Aaaaaah oui" lui échappe et je ris un peu. 

Je me barre au travail en souhaitant bonne chance à tout le monde. 

Après coup j'y repense : merde, on est sous Macron désormais, j'aurai pu facturer.

jeudi 4 mai 2017

Couffignal, Kane, Murakami

Le type en face de moi dans le tram porte un livre de Murakami (Haruki) dont une page est marquée. Il parle fort de son weekend idéal avec beaucoup de drogues et peu de sommeil. Même lorsqu'il chuchote, il chuchote plus fort que je gueule. C'est dire...
À en croire le marque page, il en est au 25eme du livre.
M'est avis que c'est un livre destiné à "faire genre", un livre qu'on trimbale pour attirer l'attention des uns, des autres, de tous.
Il explique à sa pote qu'il a enfin trouvé une salle de sport et qu'il déplore que les meufs s'y fassent salement mater.
Il ajoute : en même temps, une meuf qui fait des squats c'est chaud de pas mater hinhin

À ce moment j'arrête de l'écouter, je le laisse à ses considérations de puceau et retourne à mon Sarah Kane. C'est comme si j'avais percé à jour les failles de son total look poète, queue de cheval et fringues de daron. En même temps en 2017, le pantalon en velours avant 76 ans, c'est chaud.

Je tire cette conclusion, un peu consternée : le mec a sûrement plus promené son Murakami qu'il n'a encore roulé sa bosse. Mais bon, lorsqu'il descend à l'arrêt "Lycée Couffignal", je me dis que sans aucun doute, j'ai viré vieille conne.

mercredi 26 avril 2017

NOTES / VOYAGE

** Macron qui sourit comme un gamin heureux d'avoir chier dans son bain, regardant flotter les étrons à la surface de l'eau pleine de crasse et de savon. L'envie de le tarter et de lui hurler dessus : Maintenant tu nettoies, ça suffit. ** Le joint définitif qui cloue au lit, quand t'es à la limite de t'endormir le visage écrasé contre l'oreiller serré fort. Quand tu froisses ton décolleté contre la peur de mourir.** Au contrôle de sécurité, pas besoin de sortir mes effets liquides, parfum, deo et tout le bordel habituel. La sécurité est décidément plus légère ici. Dans les chiottes de l'aéroport des Français se demandent ce qui conditionne l'interdiction de voyager avec tel ou tel truc. Ils parlent notamment de la dangerosité du métal des boîtes de sardines vendues en quantité dans les boutiques souvenirs ... Je t'avouerai que même sans parler de la ferraille ultra coupante, je considérerai l'ouverture d'une boîte de sardines dans l'avion comme du terrorisme radical.** J'ai rêvé que j'étais nommée pour le César de le meilleure actrice dans un second rôle. J'étais en galère de fringues et je cherchais à emprunter une robe. Pour seule réponse on me disait : laisse tomber, habille toi comme tu veux puisque tu ne l'auras pas...Cependant je restais très inquiète à l'idée de passer à la télévision au même titre que les autres nommées en train d'attendre le verdict, habillée comme un sac. **J'écoute sur France cul, un ado de 15 / 16 ans. Son désespoir m'a assise. Il n'attend plus rien de la vie, il pense qu'elle "fait pitié".**Dans le tram, une fille porte une couche significative de fond de teint avec des traces blanches, des coulures qui laissent penser qu'elle a pleuré des larmes brûlantes de démaquillant pur. **Les militaires sont désarmés et se baladent sans pression. On ne sent pas planer d'état d'urgence comme c'est le cas en France. Difficile de savoir Si le déploiement est justifié... Peut être que la menace est moindre ici. Malgré les événements tangibles qui s'enchaînent, les bombes, les morts... And their tanks, and their bombs, and their guns Je ne parviens pas à intégrer le fait que ma sécurité passe par une ambiance délétère et un climat guerrier... That's in your head

mardi 25 avril 2017

plan Q

oisir la boisson -- choisir la boisson -- choisir la b

Le distributeur du cinéma est juste à côté de la caisse où j'ai demandé tout à l'heure une place pour retour à Forbach. Je suis en avance parce que j'étais attablée à une terrasse où on ne m'a pas demandé ce que je voulais boire. Pas du genre à courir après les serveur. Garde ton café, je le prends pas personnellement t'inquiète.
La fille du ciné si mes souvenirs sont bon, c'est le plan cul de machine. Je déteste cette expression, plan cul. On peut dire le prénom, je sais pas, on n'est pas des bêtes. Admettons que si, que nous soyons parfois des bêtes, on ne l'est pas tout le temps. On pourrait dire je te présente -prénom- avec qui je passe de bons moments. Dire aux ami.e.s. en chuchotant , c'est -prénom- il a la peau douce, c'est -prénom-, elle pleure quand elle jouit, c'est -prénom- ....
Plan cul, ça fait plan épargne cul, ça fait plan B, plan X, un truc qui ne sera décidément jamais un projet.
Je suis vieux jeu. 
Je le suis?
Je le suis, je le sais. 

C'est pour ça que je vais voir des films chiants sur des villes grises à l'heure préférée des retraité.e.s.

Maria / Porto

Je me réveille assez tôt chez Maria, à Porto. Je m'installe avec un café raté et le livre de Kathy Acker de la tarentule noire sur le canapé Ikea. Je n'ai pas su comprendre la machine à expresso bien que j'ai rassemblé tous mes esprits et mon intuition. 
Nous sommes arrivées hier soir entre chien et loup dans une lumière rose.
Je pense à Maria... Nous ne l'avons pas rencontrée alors je fais parler les détails de son appartement pour tenter de la définir. Elle a des manies à en croire le rangement fastidieux de ses effets. Elle lit des livres de développement personnel et s'intéresse à la nature. Des livres en français, en anglais.... Une quantité de Taschen qui trahit sa curiosité pour toutes sortes de choses. Je pense qu'elle a franchit des niveaux de sagesse supérieurs aux miens.
Je suis épatée par la confiance qu'il faut pour laisser son appartement à des inconnues en échange de rien.
Elle nous offre une bouteille de Vinho Verde, un endroit cosy et une vue imprenable sur le Douro.
Je ne la verrais jamais mais je sais que je la porterai longtemps dans mon coeur parce que ce geste gratuit me paraît héroïque en 2017.
Elle garde de vieilles photos, des cailloux, des souvenirs. Elle collectionne.
Je l'imagine aventurière, sentimentale et généreuse



dimanche 2 avril 2017

NOTES // 2014 - 2016

** 17h12 après 12 litres de larmes, on est en droit de se poser la question du xanax // palindrome moléculaire qui incitera le sujet au rire mou et à un vague oubli de sa solitude

**La pédale d'or des concerts magiques attribuée à Rich Aucoin. Énergie gay transcendantale insufflée par la sainte mère des folles.

**Dans la chambre sombre, je lance une main molle et aveugle vers le chat et me retrouve à caresser mon PC. Tous les deux sont noirs et chauds. En revanche, un seul a des voyants pour indiquer qu'il est sous tension ou que sa batterie est faible et un seul a un ronronnement magique.

**Visite du lieu de mon enfance, 30 ans plus tard. Un vide grenier et l'odeur des merguez. Les souvenirs scintillent fort derrière les Persol. On croise ceux qui n'en sont pas sorti en ayant honte de sa propre honte. On voudrait ne rien avoir de commun avec eux. Des tee shirt Johnny Hallyday, des coupes de cheveux mal pensées, la caserne des pompiers et la maison qui paraît minuscule, trahissant les souvenirs d'une certaine majesté.
Acheter des bières à la buvette pour chasser l'amertume. Garder bien vissées les lunettes de soleil pour cacher le mieux possible que je suis une des leurs. Affronter la pièce du puzzle qui s'emboitent le moins bien dans l'ensemble. Cette pièce mal détourée qui ébranle la structure.

**Une fille se suicide sur périscope. J'ai exploré l'application, ai assisté à un harcélement. Je me suis inquiétée pour cette génération qui sacrifie son anonymat pour une volée de cœur colorés.

**Yann Barthès trop subversif pour Canal quitte le petit journal pour rejoindre le service public. Je décède de rire et peine à croire que ce mec et sa bande de normcore soient devenu le contre pouvoir que les médias avancent. Ils coupent des putains de vidéo et font des sketches moins drôles que des soirées de fin de bafa.

**Gérer la morsure du départ dans un Ouibus blindé. Ravaler la nostalgie souveraine. 

**J'accepte tous les cookies proposés par les pages web mais pour autant j'en vois pas la couleur. Monde de merde.

**Vous vous déguisez en quoi pour la fête du lycée ? Comme d'hab, en meuf bourrée.

**Ils pourraient mettre du chauffage, ça pèle
Ouais, ou toi des habits, je sais pas.

**Je ne sais plus vraiment si je lis mon livre ou si c'est lui qui me lit.

**Passant près du chien hargneux des voisins désormais équipé d'une collerette parabolique, j'ai capté toute la mélancolie de sa vie de merde.

**Du tramadol pour apaiser le feu de ma gorge en lambeaux. Ma lucidité se floute et tout devient à chaque seconde un peu plus vivable.

**Je m'aperçois que j'ai la même angoisse de remplir un cerfa qu'une grille d'Euromillions, paye ta peur de devenir riche, grosse.

**Comme si tout l'amour du monde t'avait attendue pour gonfler dans mon ventre. Scintiller comme l'aura dorée de toutes choses. Mettre de la joie dans chaque particule du pauvre monde pour le rendre supportable jusqu'au sublime. Niaiser comme une gosse.   

**La ruralité m'a habituée aux cadavres de renard sur le bord de la route, je me suis toujours imaginé que le désœuvrement pousse à conduire vite et mal.

**La fonte de la banquise est prévue pour 2031. Lorsque d'un seul coup tout le monde manque, on n'est plus que de l'amour qui se repend. Une flaque sentimentale qui se prend pour la banquise, mais avec 14 ans d'avance.

**Beyoncé dans les oreilles, je suis intérieurement bonne en body en train de sourire sous le feu des flashs.

**Je pense au sport et je suis déjà épuisée. J'écoute en alternance Barbara et Joni Mitchell, j'interromps la vie pour voir si je lui manque. J'aurai toujours 12 ans.

**À la gare de Limoges, choper un cafard monstre en regardant suinter le gris comme de la sueur de fièvre. A Châteauroux, le grand vertige. Des villes qui filent le bourdon. On ne sait plus si la mélancolie est dans l'oeil ou dans l'objet.

**Le gosse de 10 ans (grand max) achète du parfum « suddenly » au lidl d'Illkirch. Je ne saurai jamais si c'est pour sa mère ou pour son amoureuse.

**Robert Smith, dans mes oreilles, me promets qu'il m'aimera toujours.

**C'est quand même l'inverse du fun d'écrire sur Howard Barker un dimanche matin ensoleillé. Pourquoi pas un brunch au Struthof, quoi.

**La haine, les concessions automobiles avec des cross over rutilants qui dorment à l'intérieur, sur du carrelage plus blanc que le sourire du vendeur. Pendant ce temps, des personnes de chair et d'os occupent des places de parking par -11°, ça me fout la honte.

** Sur Wikipédia, définition de "pion" : Au sens figuré, quelqu'un qui n'a pas d'importance dans une organisation ou qui peut être déplacé sans son accord. Sans dec?

** J'ai fait la liste des villes où nous avons passé au moins une nuit ensemble, il y en a trente, parmi lesquelles : Berlin, Bruxelles, Pise, Naples et des coins perdus de Haute-Saône.

** J'entend "La France aux Français" s'échapper d'une partie de baby. les gosses qui jouent ont 15 ans. A leur âge j'avais un seum gros comme ça. Je sais pas ce qui s'est passé avec eux... On a raté un truc.

**Les terrorismes combinés et contradictoires du chat noir foncé qui répugne au contact et de la chatte noire claire qui l'a érigé en religion. 

**Les flics, CRS, baqueux et forces armées essaient de faire plier tout ce qui est digne.  Coup de flashball tiré à bout portant, du sang, des os brisés, des hématomes, contusions, commotions cérébrales, des doigts en moins, des coups aveugles. Gaviscon, citron, sérum physiologique, garde à vue, tutoiement, silence des pantoufles. Et l'autre, qui n'en a jamais marre et qui pose ses 49.3.


(...)









vendredi 17 mars 2017

P_INT_MPS


Hirsute lors des transitions, les nerfs bourgeons au bord de l'implosion.
Le verbe plus vert que les feuilles tendres d'Avril.
T'as pas chaud avec ton manteau
T'as pas froid avec ta grande gueule ouverte?
Des flashs intempestifs, torrides et moites comme le futur été.
La paupière droite qui tressaute.
La sieste fantasmée.
Le régime adapté pour avoir un cul homologué par la fédération française des culs.
Le goulag 4 jours sur 7 qui aplanit ton historique avec la tranche de la main.
Comme une carte froissée où l'on observe les mauvais choix , regrettant de ne pas avoir suivi les conseils du GPS.
La vieille histoire des raccourcis qui s'avèrent être des rallongis.
La vieille histoire des transitions, chrysalides éclatées à la force des ailes.
L'impossible repos des muscles
Les punchline involontaires
Les KO technique
Crochet du droit, mâchoire bouillie
La technique ancestrale du chaos

vendredi 17 février 2017

GRANDIR

Il y a 6 ans, le 11/11/11, j'assistais à un concert de Patti Smith précédé d'une discussion au TdB à Dijon. Elle paraissait forte, fière, encore insolente quand quelque chose l'emmerdait. Elle crachait par terre et envoyait chier le monde, à commencer par le plan com du TdB qui avait prévu un concert acoustique / lecture qui s'est transformé en conversation.

Ce jour là, en 2011, elle avait beaucoup évoqué l'esprit du punk rock. 

Le soir même, elle a donné un show calme, sans ampli qui t'arrache la tête. Elle n'a pas défoncé de guitare mais elle a donné deux trois coups d'oeil au rétroviseur, sur ses années folles, les années 70 qu'elle a vécu entre le CBGB et le Chelsea hotel, croisant les figures les plus emblématiques de cette époque. 

Quand elle est arrivé le  14 février de cette année devant l'autel de la chapelle de Ronchamp, elle avait la fébrilité d'une personne de son âge qui aurait, disons, oublié ses lunettes. Aidé d'un roodie, elle enjambe des cables enroulés sans assurance. Elle voit mal, cherche son gant, ses lunettes, remet son gant à l'endroit, perd encore quelque chose. Elle oublie d'allumer l'ampli de sa guitare, elle pouffe, elle rit, parce que c'est la vie. 

A la fin du show, elle fait même tomber sa guitare, elle laisse les autres s'affairer à la ramasser et nous dit : "It's fine". 

Pas une seule fois elle n'évoque le punk, pas une fois elle essaie d'être la Patti Lee Smith des années zinzin. 

Elle a un truc qui irradie, de la sagesse, de l'intelligence, un humour vif...

Dès qu'elle chante, elle redevient solide comme un chêne aux racines puissantes, elle n'a plus d'age et plus rien ne l'entrave. 

Nous étions 200, c'était un concert calme et recueilli, une leçon de maturité, de résilience. Elle n'est pas / plus dans la feinte, Patti. Elle a tout vu, on lui fait pas à l'envers, alors ok, elle fait des trucs chelous, elle serre la pince au Pape François, au Dalaï Lama, elle aime cotoyer les gens qui pèsent. 

C'est très beau de voir une nana comme elle renoncer à correspondre à l'idée qu'on a plaquée sur elle. 
Elle n'a plus l'âge de faire des trucs dingues, de se branler sur sa guitare avant d'en arracher toutes les cordes, une à une, à se faire saigner les doigts. 

Elle a l'âge de donner ce qu'elle a : de l'amour, de l'inspiration, des concerts de poche dans des lieux mystiques où elle lit des bribes de sa vie, où elle parle simplement. C'est comme si elle disait; ça va aller, ayez confiance, on enterre des gens et on s'en remet, on ne les perd pas, ils sont toujours là.


Et quand tu sors de la chapelle, tu te dis que oui, ça ira, c'est sûr.



J'ai écrit ça à ce sujet ; 

lundi 30 janvier 2017

Les 100 balles de la CAF

Deux courriers pour une dette de 100 euros à la CAF. La prochaine étape ce sera sans doute une invitation à se faire arracher les ongles.
Et que ça serve de leçon.
Donc pour 100 € la CAF me fait me sentir mal, hors la loi, crevarde qui déconne à mort avec l'argent public.
Pendant ce temps, les vrais parasites se gavent, ils ont tous leurs ongles, leurs yeux. ils ont juste plus de race mais il n'y a qu'eux qui ne le savent pas.
Ça se paye large, ça embauche la famille, ça explique aux gens comme moi qu'il est temps qu'ils s'habituent à la précarité.
Et ça dort tranquille sur ses deux oreilles. Pas de doute à avoir.
On galère à payer des factures d'électricité et à manger des légumes qui ont vus la lumière du jour. On a des tafs de merde parce que si on s'autorise un peu de temps pour réfléchir à un truc cool, les institutions sont très réactives pour nous faire passer pour des merdes et faire en sorte qu'on se laisse démolir pour de la besogne humiliante juste pour plus les entendre.

On se fait tourner le sang à cause de dettes débiles.

On voit des gens prendre du ferme pour avoir fraudé le métro, volé des pâtes et ce genre de trucs.

M'est avis que Benoît Hamon, quand il se propose de faire battre le coeur de la France, il parle pas des gens qui se font un sang d'encre pour 100 balles et qui fomentent des plans dingues pour assurer leurs subsistances du 15 au 27 du mois.

Pas sûr qu'ils fassent passer la clientèle d'Aldi au Lafayette Gourmet.

Ce sera toujours les mêmes angoisses, les mêmes stratagèmes.

Tout ça avec du shit légal pour qu'on s'engourdisse un peu plus encore. Anesthésie autorisée pour faire passer les disquettes.

J'ai pas hâte.

vendredi 27 janvier 2017

trop fun

L'avenue de Colmar c'est le pire endroit pour marcher. Aucune distraction. On croise la CCI, le lycée couffignal, Euromaster, des gens pressés, des gaz qui daubent et quelques boites d'intérim qui arborent des devantures de fast food.

- Vous maîtrisez le pack office, l'allemand et le silence ?
- Parfaitement madame, je suis une tombe qui parle allemand en faisant des tableaux Excel.
- Autre chose à ajouter ?
- Oui Madame, une sauce andalouse et un supplément oignons.
- Très bien.

Jamais tu verras un pékin se promener dans ce coin de la ville. En même temps, t'habites pas à Strasbourg pour convulser dans la pollution Avenue de Colmar et te taper des slaloms entre des molards congelés et des plaquettes de médocs.
Dans la ville de la petite France, faut être salement inspiré pour profiter du soleil dans ce coin là.

Je pense à ce réflexe contemporain consistant à vouloir faire du fun avec des données tristes. Tu trouveras pas plus chiadé qu'une boutique de pompes funèbres. On pourrait y vendre des déguisements, farces et attrapes sans que ce soit vraiment étonnant.
Et dans les boites d'intérim, t'as tous les refoulés du club Med qui s'acharnent à te faire croire que c'est génial de bosser trois jours tous les deux mois. D'attendre des reliquats et des attestations pendant des semaines en bouffant de la vache enragée.
Tu peux retapisser tes chiottes avec des soldes de tout compte, t'auras pas tout perdu...

lundi 2 janvier 2017

Voeux 2017

Je vous souhaite en vrac :
Des vagues écrasées
Des stylo volés
Une certaine grace, celle des moments où tout est à sa place
Des longues marches essoufflées
Les joues rouges de froid
Puis, les épaules dorées
Quelques morsures
Beaucoup de baisers
Des road trip
Des coeurs battants
Les tempes brulantes
Des frites (beaucoup)
De la bière format pinte bu en terrasse
Des jéroboam d'amour pur
Des chats à caresser
De la paix dès que possible
De l'humour
Des pièges à spleen
Du ravissement
Des résurrections
De la rage aussi, bordel
Du désir et de la concupiscence
Des luttes justes
De la cohérence et des contradictions
Des merdes de chien évitées
Des retards rattrapés
Quelques vanités
Du courage pour les jours sans
De la générosité pour les jours avec
L'humilité sans le dénigrement
De la fantaisie
Beaucoup de curiosité
Des erreurs
Des grandes discussions
Des engueulades têtues
Des amitiés solides
Des adieux rares et de nombreuses retrouvailles
Des jérémiades inoffensives
De l'amour propre
De l'amour sale
De la circonspection
Un avis sur tout
Des colères noires
Des nuits blanches
Aucun renoncement et très peu de regrets