Georges

Georges

vendredi 28 juin 2013

Mise en train

Le train quotidien est une chance, le chemin vert de tous les verts possibles auxquels se mêlent des ocres plutot communs, des clochers et des villages de pierres. 

Chance. 

Les conversations de temps pourri, d'enfants chiants, de sandales qu'on ne peut pas mettre et ça fait chier, on se fout vraiment de nous, de collègues qui, t'as vu, s'habillent mal, sont mal coiffées, non mais d'où elles sortent ces ploucs?
Enfin, heureusement qu'elles existent sinon, les conversations tourneraient davantage sur : tu sais pas ce que m'a fait le petit dernier, et tu les prépares comment, toi, tes courgettes?
T'as regardé des racines et des ailes? 


Cette émission, et c'est le train qui me l'a confirmé, a un public de sédentaires invétérés qui voyagent en canapé vers l'inconnu. On peut dire que la plupart associent des racines et des ailes à Thalassa s'il se trouve qu'ils ont, en plus,  le pied marin.
Je fais de la socio-télévisuelle à l'emporte pièce et je me considère bien chanceuse d'avoir accès, en loucedé, à toutes les conversations domestiques, lissées de collègues de travail qui s'effleurent, ne bousculent rien, reste sagement à la surface de tout. 

Attends, on va pas se raconter les détails de nos vies, c'est bon. 
 
Je fixe la fille qui a le sourire le plus large, le plus superficiel (interprétation) , celle qui propose une surface plus imperméable encore que les autres, celle qui ne lâchera rien, pas même une recette. 
Que dalle. Oublie. tes courgettes, tu les fais comme tu veux, je m'en fous. 

Elle sourit à se faire des rides pas croyables. Je me demande si on se dira d'elle, lorsque tout sera profondément creusé et irréversible : elle a beaucoup ri OU elle a beaucoup menti. 
Elle savait si bien jouer la comédie. 
 
Je leur colle des idées dans la tête, des intentions et des trucs à cacher.
Les hommes parlent du travail, jouent à la belote, ils laissent femmes et gosses loin, c'est pas tellement leur business.
Loin, c'est bien, voire parfait.
Faire de la thune, oui.
Gagner une partie de belote, oui.
Poser leur mouchoir sur le quotidien, le domestique, l'ordinaire pour redevenir des gosses qui se tirent la bourre entre 7:29 et 8:06 pour même une raclée  aux collègues.

Les mecs veulent prolonger leur morning glory, les femmes semblent vouloir se rassurer auprès de leurs sœurs du fait qu'elles partagent la même chose.
Elles rêvent devant des racines et des ailes. 

"Savez vous qu'en Australie, des oiseaux font de la peinture?" 

Parce qu'elles, oui. Elles le savent. 





Des nouvelles d'ailleurs

Pour celles et ceux qui n'ont pas facebook (pour de bonnes raisons, je n'en doute pas). 

Voici le feuilleton que j'écris pour Another Whisky For Mister Bukowski : 

épisode 1 : http://anotherwhiskyformisterbukowski.com/2013/06/12/zelda-saison-01-episode-01/

épisode 2 : http://anotherwhiskyformisterbukowski.com/2013/06/27/zelda-saison-1-episode-2/

Pour celles et ceux qui n'ont pas facebook et qui aiment Barbara, ce reportage où on la voit si délicieuse :


Pour les mêmes, les précités, un article sur la gaypride à Dijon un peu vieux mais bon :  http://www.sparse.fr/2013/05/29/rainbow-warriors-etait-a-la-gay-pride-dijonnaise/

Pour celles et ceux qui veulent les images sans le texte : http://agirlcalledgeorges.tumblr.com/

Pour tous : LOVE

- G // Georges // Gio // Gioia // Et tout ce qui vous plaira.




lundi 24 juin 2013

Maintenant c'est Now.

_Balancer tes eaux de vaisselle au visage de victimes providentielles.

_Croire en l'amour fou après trois nuits, se vautrer, ridicule et vaincue dans des croyances qui se révèlent être de la merde en barre.


_Se consoler d'avoir tout perdu en se croyant l'héroïne sublime d'un conte de fée.


_Du laid, de l'air, des moments que tu as surestimés, jouissances précaires et feintes.


_Tu es la femme sans qualité dans plusieurs esprits, conséquence de ton amertume trop vive, ton besoin de consolation trop grand, ta réalité trop raide.


_Descente en rappel dans des abîmes de solitude et de silence, des myriades de promesse qui éclatent en atomes morts.


Le destin arrange tout le monde quand le divertissement manque et que tu creuses et creuses encore des fosses où te débarrasser de tes croyances.


Au feu, voilà la place de cette pression du destin.
 

Au feu tu as jeté les mots faciles, la comédie d'amour, un court métrage qui ne tient pas la route à côté de la version longue dolby surround avec laquelle tu aurais aimé arrondir les angles, les arêtes et tout ce qui blesse, coupe, t'as mise en lambeaux.

Le manque brutal, viscéral, les efforts que tu as fait pour accepter de passer l'éponge et taire ce qu'il faut pour arranger une paix que tu pensais définitive.


Le mal qu'on se fait, le mal qu'on cherche à se faire, le mal que personne n'a mérité mais qui doit bien être évacué. 


Ce mal qu'on porte en broche, qui maquille tes yeux claqués par les nuits de larmes, qui creuse ton ventre. 

Ce mal est derrière toi, cicatrisé, enfin. 

La vie est devant toi, l'eau est bonne, tu y glisses un pied, un mollet, tes cuisses, ton sexe, tu passes le dernier frisson autour du nombril, et tu t'y jettes dans un fou rire. 

Le mal, merde, on a bien le droit de l'oublier, de le laisser se tasser comme de la boue qui sèche, qui fait un tapis moelleux sous les pieds, dont on redécouvre la texture solide et soyeuse. 

Merde aux jérémiades et aux lamentations. 

C'est l'été, tu ne creuseras pas plus loin désormais que ta chute de reins. 

Il n'y a pas d'autorisation à demander pour te sortir des limbes dans lesquelles t'as passé des mois. 
il n'y a pas de respect à avoir pour les personnes qui par curiosité et pour se sortir d'une vie toxique son venue respirer ton air et te marcher sur la gueule. 

Que les jupes volent, que le souffle soit court et le ciel dégagé, tu l'as pas volé.