Georges

Georges

mercredi 27 mars 2013

Easy Listing // TALISMAN

_ Partie sans mes bagues,dépourvue d'amulette. Les bagues que je recharge régulièrement en pensées magiques, en pouvoir mystique. Les conneries inoffensives et rassurantes d'un esprit qui cultive l'oisiveté comme une fleur compliquée, genre passiflore, sophistiquée et imbus d'elle même. Qui n'en peut plus de se trouver belle. Mon oisiveté est posturale et travaillée.

_[Les passiflores sont vraiment des crâneuses, pire encore que les orchidées]

_ Il y a peu, mon amour d'enfance m'a adressé un texto dans lequel j'étais "sa teigne, son amulette".  Cette phrase est le mantra que je me répète lorsque je me traine une humeur de méduse acariâtre.
Je suis sa teigne et son amulette, et toi? t'es l'amulette de qui? 

_ En public je gère des quintes de toux qui me donnent l'air d'être au bord de la mort, je prends toutes les précautions nécessaires pour ne pas brusquer la foule hygiéniste, tout est très digne, cependant, les gens me regardent et leurs yeux ne se gênent pas pour faire passer un rhume pour une tuberculose.  Ils incarnent le dégout mais aussi un peu la joie de ne pas être moi, de ne pas s'arracher des lambeaux d'intérieur en public. 

_ Mais sérieux, les mecs, vous êtes l'amulette de qui? Parce que telle que vous me voyez, glaireuse et écœurante, je suis sa teigne et son amulette.

_ Dans le compartiment que je rejoins, je salue un homme, une armoire, rassurant, super baraque. C'est le genre de mec que tu aimerais avoir avec toi quand tu rentres à l'aube te coucher dans des vapeurs d'alcool, quand tu traverses la ville comme une biche qui oublie d'être farouche alors que partout, il n'y a que des chasseurs ardents, sur les dents. Il a posé sa tête doucement contre la vitre du train et j'ai regardé la puissance se reposer.

_ Par la fenêtre, la paix est en train d'avoir lieu dans les campagnes grises et embrumées. 

_ J'expliquais hier soir à un ami que je déteste certains artistes jusqu'au jour où je les adore. C'est arrivé avec Joy Division. Il y a dans ce phénomène un cas particulier, le cas BIOLAY : J'ai détesté, adoré et je n'aime plus. Hier, après avoir longtemps dénigré et raillé ce type il y a 3 ans lors de la sortie de son album "la reproduction", voilà que je me suis émerveillée devant le talent d'écriture d'Arnaud Fleurent Didier. 

_ [Dire que je l'adore semble à cette heure prématuré, je préfère minorer mon enthousiasme parce que certains morceaux me crispent et me font chercher vite vite ma télécommande pour passer au suivant]

_ C'est peut-être seulement une période, ça parle de filles et de lose... D'histoires qui se terminent, qui ont parfois à peine le temps d'exister. 

_ Je cherche la compagnie narcissique d'un écho, j'ai cherché  de la compagnie, tout court, et quand on a du chagrin, on est moins difficile que d'habitude. c'est dommage, parce que c'est pourtant là qu'il faudrait ne faire aucune concession. 

_ Je fête aujourd'hui ma réconciliation avec l'exigence et j'embrasse ma dignité que je porte comme un talisman. 

_ Je suis une putain d'amulette et la reine des teignes.