Georges

Georges

dimanche 27 janvier 2013

Saturday Light

Un samedi après midi brouillé de pluie sèche. Les particules de froid tombent et piquent le calme de mon visage. 

L'ennui, sur un banc, incarné par deux adolescents aux joggings étriqués. 
[Ils doivent l'être, étriqués, pour que l'ennui se tire sur le paquet si souvent...]
L'ennui se fout des Pringles dans la bouche et croque le tout comme on le fait, sous ennui.
L'ennui tire sur la corde de l'ennui en s'affalant dans le hall d'un micro centre commercial, le lieu zéro du divertissement.

Une mère de famille dit qu'"elle est excédée, qu'elle va péter les plombs, qu'elle n'en peut plus". 
Elle le dit à ce qui ressemble physiquement à deux adultes, et je laisse partir un vague rire, parce que ça saute aux yeux, que des plombs, la dame, elle n'en a plus un seul, qu'ils ont tous sauté et que ce sont des promesses vouées à la merde.

Au pire, elle rentre chez elle et tape le même discours demain parce qu'elle a le pétage de plombs très ritualisé. 

Au mieux, elle cesse de se donner en spectacle en milieu urbain, là où une fille se pensant plus dégourdie que les autres fait son procès en deux minutes et vingt-et-une secondes. 

Nos regards se sont croisés et j'ai eu un peu honte pour elle.  J'ai baissé les yeux par politesse, comme pour enlever très vite un miroir tendu à un visage brulé. 

A la laverie, je découvre une manière nouvelle de vivre les minutes qui restent entre la fin de mes courses et la fin de ma lessive. Des choses bien terre à terre qui restent autant de brèches où glisser comme de l'or dans une poterie fêlée (je te fais une dédicace à toi qui m'en a parlé).

[Bientôt, je te fais un texte sur la cuisson de mes nouilles, pour que tu la sentes bien, ma capacité d'émerveillement ]


[...Ou encore, un poème de fond sur les craquements du parquet]

Prends soin de toi  // je prends soin de moi. 


-Georges

 


samedi 26 janvier 2013

Les solitaires intempestifs

Les solitaires intempestifs

Nous avons trente ans.
Nous croisons parfois quelques gamins qui nous disent : "de ton temps..."
Nous sommes nés à la fin de la Guerre Froide, nos parents ont l'âge de Brigitte Bardot, Johnny Hallyday et Pierrot le Fou.
Ils auraient l'âge de Jean Seberg si elle avait voulu.
Nous sommes les petits frères des fameux enfants de Marx et de Coca-Cola et nos écoles sont restées fermées pendant le mois de mai 1968.
Nous sommes devenus sans nous en rendre compte les aînés de la Génération morale.
Nous faisons l'amour en pensant à la Mort et nous sommes inquiets de la Paix.
Nous sommes Fabrice à Austerlitz : nous ne voyons rien des batailles et des réalités du monde.
Nous sommes amusés de notre propre nostalgie. Nous sommes nourris de nos livres et des livres de ceux qui nous précédèrent.
Nous aimons les chansons qui nous parlent de chansons et les films qui nous parlent de cinéma.
Nous marchons paisiblement dans la peur et la beauté des catastrophes ou des utopies les plus terribles.
Nous ne sommes faits que des souvenirs qu'on nous inculqua.
Nous ne sommes pas des références.

Jean-Luc Lagarce #Nineties
 
 
je pense du mal.
je n’aime personne,
je ne vous ai jamais aimés, c’était des mensonges,
je n’aime personne et je suis solitaire,
et solitaire, je ne risque rien,
je décide de tout,
la Mort aussi, elle est ma décision
et mourir vous abîme et c’est vous abîmer que je veux.
”  
Jean Luc Lagarce Juste la fin du monde

mercredi 9 janvier 2013

lundi 7 janvier 2013

Last exit to Malena

Je n'écris pas beaucoup ici parce que je n'aime pas la mocheté des sentiments qui m'ont occupée ces derniers mois. 

Et puis, la mocheté de toutes ruptures, de tous les mensonges amoureux  possibles n'est rien à côté de la détresse quotidienne qui accable ceux qui n'ont ni l'amour, ni les personnes adéquates pour en parler quand celui ci se barre. 

ça fout la honte le chagrin d'amour : tu ne peux pas vider ton sac avec une totale sincérité, il faut ménager ta dignité, ne pas accabler la personne avec laquelle tu as passé X années de ta vie, être rationnelle et lucide, comprendre, pardonner, raisonner, tenter de pas envahir l'espace avec tes jérémiades qui soulent tout le monde. Ce monde qui te répète que : Ah lala...

L'amour rend arrogant, et, on le croit en tout cas, invincible. Le narcissisme forcené des amoureux est leur bouclier. Empêtrés de rituels, d'habitudes et de tous les stigmates du quotidien ils se voient l'un dans l'autre, au travers de l'autre qui a perdu de son opacité, ils avalent l'odeur fétide de chacune des faiblesses de l'autre, qui devient tellement moins autre. 

Quand l'assurance conférée par le monstre à deux têtes s'effrite totalement tu cesses d'être la moitié d'un tout. 
Certes, ça fait flipper, ça rend très en colère parce que putain, que ça arrive aux autres, passe encore mais NOUS?

[Narcissisme forcené des couples]
 
Ah lala... 

Après, il y a l'art et la manière, c'est comme une amputation, si on te coupe la jambe au couteau à beurre, c'est sur, ça prend des plombes et c'est très douloureux. Si tu tombes sur quelqu'un qui n'a pas le courage de la tronçonneuse, c'est la pire boucherie.

Mais tu vois, à part ça, j'ai bien conscience que tout craint bien davantage autour de moi, autour de nous, à peu près partout d'ailleurs. 

Aujourd'hui que ma jambe est totalement arrachée, je sais précisément sur quel pied danser. 

Et je te sollicite, Ô lecteur, pour ne pas hésiter une seconde avant de me refiler tes bons plans séries, films, musiques, livres, trucàlacon, allerdelavant.com ... 

Comme ça se sera bien, je penserai à toi, je me dirais, j'écoute l'album que m'a conseillé machine, le truc dont machin m'a parlé.

Ma jambe fantôme frétillera de nouveau. 

Je suis pétrie de confiance pour la suite et c'est hors de question que je chiale ma race pendant encore des jours et des jours, que je tire mes traits, que je me laisse pourrir. 

Je vais claudiquer sur ma jambe unique sans jamais transiger sur ma dignité. 
J'ai survécu à suffisamment de merde pour ne pas être effrayée par un tour du monde à cloche-pied.

La suite, bordel, et vite.







jeudi 3 janvier 2013

Voeux

Je vous remercie pour votre présence ici et votre affection virtuelle en 2012 ! pour 2013, je vous souhaite l'amour, la force, le courage, la santé. Un tas de ressources pour botter le cul au spleen, à la médiocrité, à l'ennui qui ne méritent aucun d'entre nous. Je vous souhaite beaucoup de désir, de mouvements. Vous êtes en vie, prouvez-le. LOVE