Georges

Georges

samedi 25 août 2012

I cheated myself

Riders on the storm sous la pluie timide de mes premiers pas, hors des murs, ce jour. 
C'est une fois trempée que je me suis accommodée de mon sort.
Sainte Reine des flaques, priez pour moi. 
Je traine mon fantôme à la bibliothèque, les murs de livres sont des illusions floues qui m'appellent par un mauvais prénom. 
Je ne suis pas réceptive et me recentre sur un siège où je tente de fabuler le silence, gommant le grésillement parasite des vies qui se cherchent un passe temps.
Il n'y a pas plus bruyant que les précautions prises au nom du calme. Peut être parce que dans l'écrin de papier et de béton, le moindre doigt léché devient insupportable, comme les piétinements et l'hésitation bavarde de ceux qui se captivent pour les illusions et pour leurs ombres portées.
Communication. Des livres contre une carte de bibliothèque qui périme le mois prochain.

Plus loin, des odeurs âcres s'accrochent à moi. Mon pantalon, la pluie, la pisse, le mélange des trois me donne envie de confort.
Une envie capricieuse et soudaine qui se barre deux mètres plus loin, alors que je cherche [toujours] à satisfaire mon besoin de consolation. 
La marche impulsive m'emmène sans me balader d'un point à un autre, ne laissant aucune place à la rêverie, celle ci est d'ailleurs volontairement boudée. 
Les enseignes sont ternes et je traverse les boutiques comme s'il s'agissait de couloirs en moquette décorés avec mauvais gout. 
Transaction. Des livres contre de l'argent. 
Vous n'êtes pas adhérent, vous ne bénéficiez pas de la remise de 5%.

Sur le parvis de la mairie des personnes sapées en sapin de noël célèbrent un mariage. Un homme a des lunettes géantes que les marrants mettent pour les réveillons.
Lui, il les met à la mairie de Dijon sans les cotillons. 

Jambes déliées, j'arrache des mauvaises herbes autour de mes pensées. Je pense à des enfants courant pour fuir une rouste méritée. 
Je pense que nous sommes tous des enfants craignant une rouste, peu importe le carnaval pour adultes auquel on joue sur le parvis d'une mairie.  
Une horde intrépide mais inhibée. 

Dans la précipitation,j'inscris des priorités, je les grave dans la pupille.
Venir à bout du feu dans ta gorge. 
Venir à bout de cet été de va et vient entre tout et son contraire.

Avancer en dépit de la pluie, avec les autres passagers de la tempête.
 
Me débarrasser, le plus tôt possible, du pantalon, de la pluie, de la pisse.



jeudi 16 août 2012

working class show

Un père avec des prénoms tatoués sur le torse envoie paître sa femme comme la dernière des daubes, tout ça devant les gosses.
Je vois le prénom du fils sur le pectoral gauche, la fille est sur la droite, madame a eu les abdos, son prénom, long, générationnel, un truc en "line "comme beaucoup de filles de son age, sept lettres gothiques qui en font clairement trop.
Il est question que madame ferme sa gueule. Bon. Et qu'elle aille se faire foutre. Loin.
C'est noté les enfants? maman, elle va où???  Elle va se faire foutre !
C'est gênant, parce que tout ça ne regarde personne mais il faut quand même y assister, la misère humaine, affective, c'est rarement à guichet fermé. 

Je me bouffe la lèvre pour avoir l'air de m'en foutre, d'ailleurs, qui sont-ils pour moi? Que dalle... 

C'est tout le problème, je ne demande pas à voir tous les jours des spectacles de misère, des gens qui se froissent comme des serviettes sales devant leurs mômes, des vieux qui sentent la pisse et des perruques qui glissent inéluctablement du côté de la honte.

Ce serait confortable  de substituer une conscience qui, elle aussi, en fait trop à une vacuité béate.
J'ai renoncé à mes rêves de confort, à la guerre comme à la guerre.


lundi 13 août 2012

Plus vite, plus loin

Les colères historiques somnolent, l'été ne met pas d'eau dans mon vin mais il arrose les pousses d'une colère d'un autre genre, moins passive. 
Quand on arrive au bout des piétinements immatures, une toile de possibilités se dévoile, une arborescence de sentiers nouveaux qui mènent tous à l'action. 
La chaleur de ma peau, les zébrures de mon corps mal exposé, le rythme imprévisible de mon pouls... 
La recette de mon été consiste en un dosage calculé de ces différents ingrédients. 
Le chaud/froid qui taquine l'épiderme, à l'origine de tous les frissons et du souffle court qui s'ensuit, souvent. 
Des pas consécutifs qui ne mènent qu'à la prochaine croisée, là où l'instinct se racontera la plaisanterie du choix avant de suivre le trajet imposé par le sang qui tape.
Un sens, un autre, à rebours, les yeux fermés sur le domestique, ouverts, immenses sur le reste de route à avaler. 

Quitter pour un été les rumeurs consensuelles qui font de nous des êtres dépendants de toutes données vulgaires, de la météo au prix de l'essence. 

Convertir le courage en chance en ne se contentant plus d'une bouillie de vie. Ne jamais remercier ceux qui prémâchent pour nous faciliter la compréhension. 
Ne pas trinquer à l'éther dès le petit déjeuner. 
Dans mon cinéma sans dogme, je passe des films inédits, on y voit des arbres traverser les immeubles en leur milieu, des cabanes construites autour de panneaux signalétiques, une vie urbaine en proie à l'imagination des passants sous dopamine. 

Un monde reste à dessiner. 
Ne comprenez pas trop vite ce que je n'ai pas dit. 

Échangeons la peur contre toute autre affection et remettons à la mode les étoffes tissées de nos anomalies préservées...