Georges

Georges

mercredi 26 avril 2017

NOTES / VOYAGE

** Macron qui sourit comme un gamin heureux d'avoir chier dans son bain, regardant flotter les étrons à la surface de l'eau pleine de crasse et de savon. L'envie de le tarter et de lui hurler dessus : Maintenant tu nettoies, ça suffit. 

** Le joint définitif qui cloue au lit, quand t'es à la limite de t'endormir le visage écrasé contre l'oreiller serré fort. Quand tu froisses ton décolleté contre la peur de mourir.


** Au contrôle de sécurité, pas besoin de sortir mes effets liquides, parfum, deo et tout le bordel habituel. La sécurité est décidément plus légère ici. Dans les chiottes de l'aéroport des Français se demandent ce qui conditionne l'interdiction de voyager avec tel ou tel truc. Ils parlent notamment de la dangerosité du métal des boîtes de sardines vendues en quantité dans les boutiques souvenirs ... Je t'avouerai que même sans parler de la ferraille ultra coupante, je considérerai l'ouverture d'une boîte de sardines dans l'avion comme du terrorisme radical.


** J'ai rêvé que j'étais nommée pour le César de le meilleure actrice dans un second rôle. J'étais en galère de fringues et je cherchais à emprunter une robe. Pour seule réponse on me disait : laisse tomber, habille toi comme tu veux puisque tu ne l'auras pas...Cependant je restais très inquiète à l'idée de passer à la télévision au même titre que les autres nommées en train d'attendre le verdict, habillée comme un sac. 


**J'écoute sur France cul, un ado de 15 / 16 ans. Son désespoir m'a assise. Il n'attend plus rien de la vie, il pense qu'elle "fait pitié".


**Dans le tram, une fille porte une couche significative de fond de teint avec des traces blanches, des coulures qui laissent penser qu'elle a pleuré des larmes brûlantes de démaquillant pur. 


**Les militaires sont désarmés et se baladent sans pression. On ne sent pas planer d'état d'urgence comme c'est le cas en France. Difficile de savoir Si le déploiement est justifié... Peut être que la menace est moindre ici. Malgré les événements tangibles qui s'enchaînent, les bombes, les morts... And their tanks, and their bombs, and their guns Je ne parviens pas à intégrer le fait que ma sécurité passe par une ambiance délétère et un climat guerrier... That's in your head


mardi 25 avril 2017

plan Q

oisir la boisson -- choisir la boisson -- choisir la b

Le distributeur du cinéma est juste à côté de la caisse où j'ai demandé tout à l'heure une place pour retour à Forbach. Je suis en avance parce que j'étais attablée à une terrasse où on ne m'a pas demandé ce que je voulais boire. Pas du genre à courir après les serveur. Garde ton café, je le prends pas personnellement t'inquiète.
La fille du ciné si mes souvenirs sont bon, c'est le plan cul de machine. Je déteste cette expression, plan cul. On peut dire le prénom, je sais pas, on n'est pas des bêtes. Admettons que si, que nous soyons parfois des bêtes, on ne l'est pas tout le temps. On pourrait dire je te présente -prénom- avec qui je passe de bons moments. Dire aux ami.e.s. en chuchotant , c'est -prénom- il a la peau douce, c'est -prénom-, elle pleure quand elle jouit, c'est -prénom- ....
Plan cul, ça fait plan épargne cul, ça fait plan B, plan X, un truc qui ne sera décidément jamais un projet.
Je suis vieux jeu. 
Je le suis?
Je le suis, je le sais. 

C'est pour ça que je vais voir des films chiants sur des villes grises à l'heure préférée des retraité.e.s.

Maria / Porto

Je me réveille assez tôt chez Maria, à Porto. Je m'installe avec un café raté et le livre de Kathy Acker de la tarentule noire sur le canapé Ikea. Je n'ai pas su comprendre la machine à expresso bien que j'ai rassemblé tous mes esprits et mon intuition. 
Nous sommes arrivées hier soir entre chien et loup dans une lumière rose.
Je pense à Maria... Nous ne l'avons pas rencontrée alors je fais parler les détails de son appartement pour tenter de la définir. Elle a des manies à en croire le rangement fastidieux de ses effets. Elle lit des livres de développement personnel et s'intéresse à la nature. Des livres en français, en anglais.... Une quantité de Taschen qui trahit sa curiosité pour toutes sortes de choses. Je pense qu'elle a franchit des niveaux de sagesse supérieurs aux miens.
Je suis épatée par la confiance qu'il faut pour laisser son appartement à des inconnues en échange de rien.
Elle nous offre une bouteille de Vinho Verde, un endroit cosy et une vue imprenable sur le Douro.
Je ne la verrais jamais mais je sais que je la porterai longtemps dans mon coeur parce que ce geste gratuit me paraît héroïque en 2017.
Elle garde de vieilles photos, des cailloux, des souvenirs. Elle collectionne.
Je l'imagine aventurière, sentimentale et généreuse



dimanche 2 avril 2017

NOTES // 2014 - 2016

** 17h12 après 12 litres de larmes, on est en droit de se poser la question du xanax // palindrome moléculaire qui incitera le sujet au rire mou et à un vague oubli de sa solitude

**La pédale d'or des concerts magiques attribuée à Rich Aucoin. Énergie gay transcendantale insufflée par la sainte mère des folles.

**Dans la chambre sombre, je lance une main molle et aveugle vers le chat et me retrouve à caresser mon PC. Tous les deux sont noirs et chauds. En revanche, un seul a des voyants pour indiquer qu'il est sous tension ou que sa batterie est faible et un seul a un ronronnement magique.

**Visite du lieu de mon enfance, 30 ans plus tard. Un vide grenier et l'odeur des merguez. Les souvenirs scintillent fort derrière les Persol. On croise ceux qui n'en sont pas sorti en ayant honte de sa propre honte. On voudrait ne rien avoir de commun avec eux. Des tee shirt Johnny Hallyday, des coupes de cheveux mal pensées, la caserne des pompiers et la maison qui paraît minuscule, trahissant les souvenirs d'une certaine majesté.
Acheter des bières à la buvette pour chasser l'amertume. Garder bien vissées les lunettes de soleil pour cacher le mieux possible que je suis une des leurs. Affronter la pièce du puzzle qui s'emboitent le moins bien dans l'ensemble. Cette pièce mal détourée qui ébranle la structure.

**Une fille se suicide sur périscope. J'ai exploré l'application, ai assisté à un harcélement. Je me suis inquiétée pour cette génération qui sacrifie son anonymat pour une volée de cœur colorés.

**Yann Barthès trop subversif pour Canal quitte le petit journal pour rejoindre le service public. Je décède de rire et peine à croire que ce mec et sa bande de normcore soient devenu le contre pouvoir que les médias avancent. Ils coupent des putains de vidéo et font des sketches moins drôles que des soirées de fin de bafa.

**Gérer la morsure du départ dans un Ouibus blindé. Ravaler la nostalgie souveraine. 

**J'accepte tous les cookies proposés par les pages web mais pour autant j'en vois pas la couleur. Monde de merde.

**Vous vous déguisez en quoi pour la fête du lycée ? Comme d'hab, en meuf bourrée.

**Ils pourraient mettre du chauffage, ça pèle
Ouais, ou toi des habits, je sais pas.

**Je ne sais plus vraiment si je lis mon livre ou si c'est lui qui me lit.

**Passant près du chien hargneux des voisins désormais équipé d'une collerette parabolique, j'ai capté toute la mélancolie de sa vie de merde.

**Du tramadol pour apaiser le feu de ma gorge en lambeaux. Ma lucidité se floute et tout devient à chaque seconde un peu plus vivable.

**Je m'aperçois que j'ai la même angoisse de remplir un cerfa qu'une grille d'Euromillions, paye ta peur de devenir riche, grosse.

**Comme si tout l'amour du monde t'avait attendue pour gonfler dans mon ventre. Scintiller comme l'aura dorée de toutes choses. Mettre de la joie dans chaque particule du pauvre monde pour le rendre supportable jusqu'au sublime. Niaiser comme une gosse.   

**La ruralité m'a habituée aux cadavres de renard sur le bord de la route, je me suis toujours imaginé que le désœuvrement pousse à conduire vite et mal.

**La fonte de la banquise est prévue pour 2031. Lorsque d'un seul coup tout le monde manque, on n'est plus que de l'amour qui se repend. Une flaque sentimentale qui se prend pour la banquise, mais avec 14 ans d'avance.

**Beyoncé dans les oreilles, je suis intérieurement bonne en body en train de sourire sous le feu des flashs.

**Je pense au sport et je suis déjà épuisée. J'écoute en alternance Barbara et Joni Mitchell, j'interromps la vie pour voir si je lui manque. J'aurai toujours 12 ans.

**À la gare de Limoges, choper un cafard monstre en regardant suinter le gris comme de la sueur de fièvre. A Châteauroux, le grand vertige. Des villes qui filent le bourdon. On ne sait plus si la mélancolie est dans l'oeil ou dans l'objet.

**Le gosse de 10 ans (grand max) achète du parfum « suddenly » au lidl d'Illkirch. Je ne saurai jamais si c'est pour sa mère ou pour son amoureuse.

**Robert Smith, dans mes oreilles, me promets qu'il m'aimera toujours.

**C'est quand même l'inverse du fun d'écrire sur Howard Barker un dimanche matin ensoleillé. Pourquoi pas un brunch au Struthof, quoi.

**La haine, les concessions automobiles avec des cross over rutilants qui dorment à l'intérieur, sur du carrelage plus blanc que le sourire du vendeur. Pendant ce temps, des personnes de chair et d'os occupent des places de parking par -11°, ça me fout la honte.

** Sur Wikipédia, définition de "pion" : Au sens figuré, quelqu'un qui n'a pas d'importance dans une organisation ou qui peut être déplacé sans son accord. Sans dec?

** J'ai fait la liste des villes où nous avons passé au moins une nuit ensemble, il y en a trente, parmi lesquelles : Berlin, Bruxelles, Pise, Naples et des coins perdus de Haute-Saône.

** J'entend "La France aux Français" s'échapper d'une partie de baby. les gosses qui jouent ont 15 ans. A leur âge j'avais un seum gros comme ça. Je sais pas ce qui s'est passé avec eux... On a raté un truc.

**Les terrorismes combinés et contradictoires du chat noir foncé qui répugne au contact et de la chatte noire claire qui l'a érigé en religion. 

**Les flics, CRS, baqueux et forces armées essaient de faire plier tout ce qui est digne.  Coup de flashball tiré à bout portant, du sang, des os brisés, des hématomes, contusions, commotions cérébrales, des doigts en moins, des coups aveugles. Gaviscon, citron, sérum physiologique, garde à vue, tutoiement, silence des pantoufles. Et l'autre, qui n'en a jamais marre et qui pose ses 49.3.


(...)









vendredi 17 mars 2017

P_INT_MPS


Hirsute lors des transitions, les nerfs bourgeons au bord de l'implosion.
Le verbe plus vert que les feuilles tendres d'Avril.
T'as pas chaud avec ton manteau
T'as pas froid avec ta grande gueule ouverte?
Des flashs intempestifs, torrides et moites comme le futur été.
La paupière droite qui tressaute.
La sieste fantasmée.
Le régime adapté pour avoir un cul homologué par la fédération française des culs.
Le goulag 4 jours sur 7 qui aplanit ton historique avec la tranche de la main.
Comme une carte froissée où l'on observe les mauvais choix , regrettant de ne pas avoir suivi les conseils du GPS.
La vieille histoire des raccourcis qui s'avèrent être des rallongis.
La vieille histoire des transitions, chrysalides éclatées à la force des ailes.
L'impossible repos des muscles
Les punchline involontaires
Les KO technique
Crochet du droit, mâchoire bouillie
La technique ancestrale du chaos

lundi 27 février 2017

Un pogo sans fin

"On se console avec la nostalgie, vautrés dans un passé chaleureux. On baisse la tête sur nos Stan Smith, sur nos Chuck Taylor de toutes les couleurs, sur des paires de doc sans age.
On est devenu prévisible et dépendants des prévisions. On a peur de ce que chaque jour nous réserve. Le 7 janvier, le 13 novembre, le printemps 2002, l'été 2016, toutes ces fois où on s'est posé la question de savoir si on aurait assez de larmes, à ce rythme là.
La vanité exécutée d'une balle dans la nuque.
On pleure nos morts, on mâche nos mots. On prend cher.
On dilue nos angoisses dans des pintes de picon, des verres de Saint-Véran comme ceux que buvaient nos mères pour fêter la quiétude de leurs vies dont on n'a pas idée. Personne n'a parié sur nous, mais on est là. Trentenaires à chemise à carreaux pas vraiment remis de la mort de leurs idoles, pas totalement remis non plus de la chance qu'on a eu de grandir dans un monde qui n'existe plus.
On dit bonjour aux mendiants dans la rue, ils en ont rien à foutre de nos bonjours mais on s'obstine, par éducation. On est comme ça, on devait pas être dans la bonne file le jour de la distribution générale de formol. On a nos petits coups de sang, notre lucidité dévastatrice qui a appris à nager même dans les hectolitres de bières dont on l'abreuve.
On s'emmerde dans des emplois précaires, dirigés par des baby boomer qui savent à peine trier leurs déchets, qui tiendraient trois jours par mois avec un smic.
On en chie des ronds de chapeau derrière nos grimaces sociales mais on sourit autour d'un feu, devant des concerts, au bord d'un étang, après trois ricochets, devant des fleurs des champs. On est comme ça. On nous a appris le goût de la révolte en taisant les bienfaits de la résilience. Notre vie, c'est comme un pogo sans fin."

vendredi 17 février 2017

GRANDIR

Il y a 6 ans, le 11/11/11, j'assistais à un concert de Patti Smith précédé d'une discussion au TdB à Dijon. Elle paraissait forte, fière, encore insolente quand quelque chose l'emmerdait. Elle crachait par terre et envoyait chier le monde, à commencer par le plan com du TdB qui avait prévu un concert acoustique / lecture qui s'est transformé en conversation.

Ce jour là, en 2011, elle avait beaucoup évoqué l'esprit du punk rock. 

Le soir même, elle a donné un show calme, sans ampli qui t'arrache la tête. Elle n'a pas défoncé de guitare mais elle a donné deux trois coups d'oeil au rétroviseur, sur ses années folles, les années 70 qu'elle a vécu entre le CBGB et le Chelsea hotel, croisant les figures les plus emblématiques de cette époque. 

Quand elle est arrivé le  14 février de cette année devant l'autel de la chapelle de Ronchamp, elle avait la fébrilité d'une personne de son âge qui aurait, disons, oublié ses lunettes. Aidé d'un roodie, elle enjambe des cables enroulés sans assurance. Elle voit mal, cherche son gant, ses lunettes, remet son gant à l'endroit, perd encore quelque chose. Elle oublie d'allumer l'ampli de sa guitare, elle pouffe, elle rit, parce que c'est la vie. 

A la fin du show, elle fait même tomber sa guitare, elle laisse les autres s'affairer à la ramasser et nous dit : "It's fine". 

Pas une seule fois elle n'évoque le punk, pas une fois elle essaie d'être la Patti Lee Smith des années zinzin. 

Elle a un truc qui irradie, de la sagesse, de l'intelligence, un humour vif...

Dès qu'elle chante, elle redevient solide comme un chêne aux racines puissantes, elle n'a plus d'age et plus rien ne l'entrave. 

Nous étions 200, c'était un concert calme et recueilli, une leçon de maturité, de résilience. Elle n'est pas / plus dans la feinte, Patti. Elle a tout vu, on lui fait pas à l'envers, alors ok, elle fait des trucs chelous, elle serre la pince au Pape François, au Dalaï Lama, elle aime cotoyer les gens qui pèsent. 

C'est très beau de voir une nana comme elle renoncer à correspondre à l'idée qu'on a plaquée sur elle. 
Elle n'a plus l'âge de faire des trucs dingues, de se branler sur sa guitare avant d'en arracher toutes les cordes, une à une, à se faire saigner les doigts. 

Elle a l'âge de donner ce qu'elle a : de l'amour, de l'inspiration, des concerts de poche dans des lieux mystiques où elle lit des bribes de sa vie, où elle parle simplement. C'est comme si elle disait; ça va aller, ayez confiance, on enterre des gens et on s'en remet, on ne les perd pas, ils sont toujours là.


Et quand tu sors de la chapelle, tu te dis que oui, ça ira, c'est sûr.



J'ai écrit ça à ce sujet ;